mardi 25 août 2015

Interview de Jean-Sébastien Guillermou ( Les pirates de L'Escroc-Griffe)





Cornwall : Bonjour, Jean-Sébastien, et merci de m’accorder un peu de temps durant cette période estivale pour répondre à mes quelques questions.

On va commencer simple. Rapidement ( ou pas ) pourrais-tu te présenter ?

Jean-Sébastien G : Bonjour Cornwall,
Merci pour cette invitation, une pause pendant des corrections éditoriales est toujours bienvenue* ! Je suis un geek de 38 ans qui a enseigné l’Histoire avant de me consacrer à plein temps à l’écriture. Je suis passionné par l’archéologie, la physique quantique, l’Imaginaire, le Japon, la vie extra-terrestre, les jeux de rôle, le bouddhisme… J’ai eu la chance de beaucoup voyager et j’ai un chat persan blanc qui déteste l’informatique.

*Jean-Sébastien travaille actuellement sur le tome 3 des Pirates de L’Escroc-Griffe.

Cornwall : Quelle est la genèse des Pirates de l’Escroc-Griffe ?

Jean-Sébastien G :  C’est un projet de longue haleine, principalement parce c’est un premier roman et qu’il s’agit d’une épopée. J’ai commencé à écrire les premières lignes en 2003 et par la suite, j’ai été contraint de découper mon histoire en trois tomes car l’intrigue se déroule sur plusieurs années. La construction de l’univers m’a pris énormément de temps, en fait j’adore les jeux vidéos, et ce que j’apprécie dans un MMORPG ou des chefs d’oeuvre tels que Final Fantasy VII et Baldur’s Gate, ce sont les mondes gigantesques, avec des histoires qui peuvent s’étaler sur des millénaires. Du coup, la genèse des Pirates de L’Escroc-Griffe a été très longue, je voulais absolument que le lecteur découvre un univers immense.

Cornwall : En lisant le premier tome de ton roman, on ne peut que constater de multiples influences, qui sonnent d’ailleurs plus comme des hommages. Peux-tu nous en dire plus là-dessus ?

Jean-Sébastien G : Je suis un enfant des années 80, donc effectivement mes influences sont multiples. La littérature d’abord, avec L’île au trésor de Robert Louis Stevenson qui, pour moi, est un roman indépassable. Les auteurs de Fantasy m’ont bien sûr inspiré, que ce soit J.R.R. Tolkien ou
Michael Moorcock. De la même façon, à l’adolescence le jeu de rôle m’a appris à créer des univers et des scénarios. Avec mes amis nous jouions à Advanced Dungeons and Dragons (Dark Sun, Dragon Lance), Star Wars, Warhammer 40.000... Pour la petite histoire, ma trilogie est en partie inspirée d’un jeu de rôle que j’ai créé à l’âge de 15 ans, les Huit Lances de Diamant. Enfin, les mangas, les jeux vidéos et le cinéma ont également eu un impact profond sur mon imaginaire. Trois films m’ont marqué : Pirates, de Roman Polanski, Les Aventures du baron de Münchhausen de Terry Guiliam et Enemy de Wolfgang Petersen. Je crois que les antihéros me fascinent.




Cornwall : 2003, premières lignes de ta trilogie des Pirates de L’Escroc-Griffe. Mars 2015, ta première publication par le tome 1 des Pirates de L’Escroc-Griffe. Raconte nous un peu cette aventure éditoriale, cet aboutissement final ?

Jean-Sébastien G : Sans exagérer, ce fut une aventure incroyable. En 2003, je ne m’étais fixé qu’une seule contrainte : terminer l’écriture d’un roman. Bien sûr, je voulais qu’il soit le plus divertissant possible, mais j’étais encore très loin de la publication. Au fil des ans, l’univers a gagné en richesse, et l’intrigue en complexité, ce qui m’a causé pas mal de difficultés : tous les auteurs le savent, un débutant ne doit jamais commencer par une trilogie ! En 2010, j’ai terminé le premier jet des deux tomes, et j’ai cru avoir fait le plus difficile… Jusqu’au jour où j’ai découvert un forum d’écriture, Cocyclics. Un forum qui a changé ma vie car c’est sur Cocyclics que j’ai compris que le quotidien d’un écrivain, c’est la réécriture ! Sans ce forum, j’aurais envoyé mon premier jet “version 1” aux éditeurs et je pense que l’aventure aurait tourné court…
Pendant deux ans, je n’ai pas arrêté de corriger mon texte (il y a pratiquement eu dix versions des Pirates) et j’ai écrit le tome 3. Un beau jour, j’ai envoyé le manuscrit du premier volet à des maisons d’édition. Dans la foulée, je suis allé en mai 2013 au speed dating littéraire des Imaginales, à Epinal, présenter mon projet devant des éditeurs. Stéphane Marsan était présent et il a eu un coup de cœur.  




Cornwall : Je m’aperçois par ta réponse précédente que tu nommes Stéphane Marsan. Pour ceux qui ne le savent pas, il est l’un des fondateurs de Bragelonne. Une très grosse maison d’éditions de genre. Ta trilogie parait dans une collection récente de cet éditeur, à savoir : Snark. Peux tu nous en dire plus sur cette collection assez particulière, qui mixe numérique et impression à la demande. Et ce qui a motivé le choix de publication des pirates dans cette collection plutôt que dans disons le la collection plus classique «Fantasy» chez le même éditeur ?

Jean-Sébastien G : En fait Snark est une collection novatrice. Au tout début des années 2000, Bragelonne a publié de nombreux auteurs SFFF francophones ou de langue française, comme Fabrice Colin. Puis, au fil des années, les écrivains anglo-saxons ont pris l’ascendant, au point où pour certaines personnes, Bragelonne se résume surtout à David Gemmel, Terry Goodkind, Scott Lynch, Stan Nicholls, ou Terry Brooks. Ironie du sort, de plus en plus de lecteurs ont reproché à Bragelonne de ne pas assez favoriser les jeunes auteurs français, ce qui est un comble quand on connaît les débuts de cette maison d'édition !
Le problème, c’est que le monde du livre traverse une crise profonde, de moins en moins d’éditeurs osent faire confiance à des romanciers inconnus. C’est pour cette raison que Snark existe, afin de pouvoir lancer dans le grain bain de jeunes auteurs, publier des romans originaux et/ou risqués.
Comme tu l’as souligné, Snark est une collection hybride qui mélange numérique et impression à la demande, la fameuse « POD », mais une POD de haute qualité. Un roman Snark peut être commandé dans n’importe quelle librairie, il suffit de donner la référence du bouquin à son libraire habituel. Le livre obtenu diffère très peu du grand format classique, il y a seulement un écart de 4 millimètres.



Cornwall : Peux -tu nous détailler ton expérience de Cocyclics ? Quel a été le rôle de ce forum ? Quelle aide peut-il apporter, etc ?

Jean-Sébastien G : Cocyclics est un forum d’écriture conçu pour aider les auteurs débutants. Sa devise est « bêta-lis et tu seras bêta-lu », cela signifie qu’on peut mettre en ligne des extraits de son roman afin d’obtenir des commentaires d’autres écrivains et ainsi progresser. En échange, on travaille également sur les textes d’inconnus qui deviennent au fil des ans de véritables amis. L’ambiance qui règne sur ce forum est exceptionnel. En quelques semaines, un jeune écrivain peut accomplir des progrès impressionnants grâce à des avis objectifs : quand six personnes qui ne se connaissent pas te disent qu'un personnage n’est pas assez caractérisé, qu’un chapitre est ennuyeux ou que la fin manque d’émotion, j’ai coutume de dire qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Après, comme tous les outils, Cocyclics n’est pas une solution miracle. Qu’on aille à un atelier d’écriture ou sur un forum, il faut toujours fournir un gros travail personnel, savoir écouter les critiques tout en conservant une idée précise de son projet, à mon avis.



Cornwall : A l’heure d’aujourd’hui parait le tome 2 des Pirates de L’Escroc-Griffe, pendant que tu planches sur les corrections du tome 3. Quand sa parution est-elle prévue ? Et après, as-tu d’autres projets ?

Jean-Sébastien G : Initialement, le tome 3 devait être publié rapidement après le tome 2, mais il y aura quelques mois d’attente supplémentaires, je plaide coupable d’ailleurs ! J’ai réclamé un peu plus de temps à Bragelonne, car je suis en train de peaufiner cet ultime volet. Je souhaite clore en beauté cette trilogie et je ne veux pas décevoir mes lecteurs. Je suis friand de longues sagas comme la Tour Sombre, et je pense que dans ce genre de cycle, le temps travaille toujours pour l’auteur. Normalement, le tome 3 sortira au tout début 2016. En ce qui concerne la suite, oui, j’ai deux projets assez avancés. De l’urban fantasy délirante, et une histoire fantastique beaucoup plus sombre qui se déroule à la fin de l’Antiquité. Ce dernier projet nécessite d’importantes recherches historiques, et ne sera pas publié avant quelques années (j’espère !).

Cornwall : Comment l’on fait tes camarades précédents, peux-tu me choisir une lecture dans ma pile à lire : ICI. Et motiver ton choix ^^ Promis j’essayerais de le lire dans l’année.

Jean-Sébastien G : Que c’est difficile ! J’ai longtemps hésité entre la Tour Sombre, le Guide de survie en territoire zombie et Seul sur Mars. Allez, pour son humour, je choisis le Guide de survie en territoire zombie. Il m’a fait mourir de rire car Max Brooks a un (faux) style premier degré : il évoque les erreurs classiques à ne pas commettre quand on affronte des morts-vivants, on sent même son irritation lorsqu’il raconte que les gens ont parfois la bêtise d’opter pour une tronçonneuse, un lance-flammes ou une mitrailleuse… des armes peu efficaces et très dangereuses à manier ! C’est un livre vraiment marrant qui se lit rapidement. J’espère qu’il te plaira !

4 commentaires:

  1. Bravo pour l'interview, je suis en train de finir le tome 1 dans le cadre de la LC du Cercle d'Atuan bien sûr !

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