mardi 29 avril 2014

Dominium Mundi, livre II de François Baranger


Edition : Critic 
Collection : SF
date de parution : 04/2014
Prix grand format papier : 25 €
796 pages 

« Cette guerre pour laquelle il s’était engagé n’était pas une guerre de religion, ni même une simple guerre de conquête ou de colonisation, mais bel et bien une guerre d’extermination."

2205. C’est le débarquement. Les troupes de l’Empire Chrétien Moderne se déploient dans les plaines arides d’Akya du Centaure.

À l’arrière, Albéric Villejust organise la rébellion qui gronde parmi les inermes.

De leur côté, Tancrède de Tarente et Clorinde ont retrouvé l’amour, une foi inébranlable, et comptent mener à bien leur mission, au nom du tout-puissant Pape Urbain IX. En tant que méta-guerriers, la prise de l’ultime tombeau du Christ repose en grande partie sur leurs épaules.
Mais sous l’implacable soleil centaurien, rien n’est gravé dans le marbre. Alors que les rebelles se cachent et s’organisent dans le désert, que les Atamides se révèlent plus dangereux que prévu, les luttes de pouvoir s'intensifient et des forces nouvelles s’agitent dans l’ombre. De ces zones obscures dépendront l’avenir d’Akya, des nouveaux Croisés et, à plus grande échelle, de peuples entiers…»



J'ai déjà eu du mal à produire une chronique digne de Dominiun Mundi Livre I, je risque une fois encore de ne pas être aussi brillante que l'est l'ouvrage à sa lecture. D'autant plus qu'il s'agit d'un second tome et qu'il ne faut surtout pas spoiler. 
Nous retrouvons, donc nos protagonistes du premier tome à savoir : Tancrède, valeureux méta-guerrier, Liétaud son fidèle compagnon d'arme, Albéric l'inerme et Clorinde, la chère et tendre de Tancrède. Ils ont atterri sur la planète Akya du centaure, et alors se bâtit la base « Nouvelle Jérusalem », les combats commenceront dès celle-ci terminé, dans le but de délivrer le tombeau du christ des mains de ces sauvages, ces impies « Les Atamides ». Évidemment, rien ne se présentera aussi simplement ...
ex-libris de la couverture alternative
Encore une fois malgré les presque 800 pages, je me suis laissé emporté par le récit. Dans le premier tome, j'étais vraiment émerveillé par le détail apporté au vaisseau le Saint-Michel qui apportait une superbe assise au roman. Cet fois l'auteur c'est servi de Akya du centaure, et on ne peut que constater le travail complet, soigneux et détaillé de la planète, autant que pour le camp militaire « Nouvelle Jérusalem ». Akya du centaure est une merveille, où j'ai été ravi de découvrir les Atamides, leur environnement et leur culture. Rien dans le roman n'est laissé au hasard. J'avoue même avoir eu des remontrances en cours de lecture, on me disant tient j'ai mis le doigt sur une incohérence, franchement il aurait pu faire ça, et quelques pages après j'avais la réponse, l'auteur a bien envisagé toutes les pistes et des fois que vous aussi vous y auriez pensé, l'auteur vient vous les démonter.

« Avant la bataille, une odeur de boucherie plane toujours dans l'air. C'est l'imaginaire, bien sûr, puisqu'aucun sang n'a encore éclaboussé la terre, pourtant tous les soldats la sentent. Avant la bataille, les tripes ne nouent, les gorges se serrent, chacun regardent son voisin en se demandant si cela va être lui ou l'autre, ou les deux. Avant la bataille, nul n'a envie de parler et encore moins d'entendre son chef hurler des exhortations creuses. Avant la bataille, les nerfs sont tellement à vif, les muscles tellement bandés, que si l'on excite inutilement les troupes, elle prennent le mors aux dents et se ruent vers l'adversaire sans la moindre discipline.»

Toutefois, j'ai été quelques peu gêné, une toute petite gêne de trois fois rien, cette impression d'avoir voulu éviter les répétitions notamment dans les prénoms, et l'utilisation de substituts par exemple méta-guerrier, ou ex-lieutenant et biens d'autres afin de désigner Tancrède n'ont au final qu'alourdi ma lecture du texte qui pourtant mise à part ça est très fluide, plus quelques coquilles par-ci par là, rien de bien méchant.

Au final, j'ai été captivé une nouvelle fois par ce second tome. Je me suis véritablement éclatée à lire ce diptyque. Un vrai divertissement avec service complet, des personnages fort au tempérament bien trempé qui savent nous agacé quand il le faut. ( Ahhh Clorinde, je te bafferais bien ^^). Une intrigue percutante, qui ne joue pas dans la facilité, et pas de hyper happy end glorieux dégoulinant, non une vrai fin de guerre, presque sans honneur ni laurier, une fin maîtrisée, réfléchie et intelligente. Et enfin, la couverture, une fois encore est une tuerie !


          


« Comment tant d'hommes, surtout des militaires, c'est à dire souvent des mâles dominateurs, pouvaient-ils accepter aussi aisément de se faire mener par le bout du nez» => voilà ça c'est tout Clorinde ^^ 


Les chroniques du dévoreur, de Blackwolf


mardi 22 avril 2014

Défi Âne VS Papillon #9







Je vous rappelle le principe, ce défi vise à nous faire lire des livres de notre PAL monstrueuse. Du coup, je participe (oui je sais on est que deux) mais j'ai jamais compris pourquoi mais bon je suis sage et disciplinée. Bref c'est parti de Lune qui a dit : et si on se faisait un défi, on se choisit des livres dans nos PAL respectives, sans concertation bien entendu, et en plus il faut motiver notre choix et surtout aucune alternative possible, si le livre n'est pas lu dans les deux mois : Gage ! 


Pour mon choix, c'est la faute de Jeanne-A Debats, voilà ça c'est dit, à cause de ces blagounettes de dédicacer les nouvelles des autres dans mon anthologie « Lancelot ». Je ne sais pas pourquoi cela m'a interpellé sur le fait que j'ai fait acheter et par la même dédicacer par Jeanne-A Debats ce livre Plaguers à Lune à l'occasion des Utopiales 2013. Et j'ai un excellent souvenir de cette lecture, c'est d'ailleurs cette même lecture qui m'a fait découvrir Jeanne-A debats, une auteur qu'on se doit de lire, fautes de comprendre ses petits jeux espiègles ^^.









Retrouver ce que Lune m'a choisi comme lecture défi : Ici



Nos précédentes lectures dans le cadre du défi :

  1. Lune a lu : Druide d'Oliver Peru / J'ai lu : Le Prophète et le Vizir d'Yves et Ada Rémy
  2. Lune a lu : Présumé Coupable d'Isabelle Guso / J'ai lu Le Rêve du Prunellier de Rozenn Illiano
  3. Lune n'a pas lu le clairvoyage / J'ai Lu Mémoria de Laurent Genefort en lecture de rattrapage
  4. Lune a lu Baroudeur de Jack Vance / J'ai lu Le passage de Justin Cronin 
  5. Lune a lu Anamnèse de Lady Star de L. L. Kloetzer / J'ai lu Barrière Mentale de Poul Anderson 
  6. Lune a lu Le dieu dans l'ombre de Robin Hobb/ J'ai lu Les Damnés de L'asphalte de Laurent Whale
  7. Lune a lu Johan Héliot vous présente ses hommages / J'ai essayé de lire Anno Dracula !
  8. Lune a lu Chroniques des Ombres de Pierre Bordage/ J'ai lu Le jour des fous de Edmund Cooper 

lundi 21 avril 2014

Le jour des Fous de Edmund Cooper

Magnifique couverture signé Eric Scala

Rappelez-vous l'été 1971. Un temps magnifique, une chaleur idyllique. Presque le paradis, n'étaient-ce ces nouvelles taches solaires apparues sur l'astre du jour, alors même que le taux de suicide augmentait de manière inquiétante un peu partout. Et le merveilleux été s'est poursuivi une décennie entière, durant laquelle le Suicide Radieux a atteint des proportions gigantesques de par le monde, menaçant jusqu'à la survie de la race humaine. Seuls les fous, les artistes, les excentriques et autres psychopathes ont échappé à l'épidémie ; au point, bientôt de constituer une nouvelle - la seule - normalité. Une normalité à laquelle Matthew Greville, survivant malgré lui dans ce monde devenu fou, espère encore prétendre... 

Ce roman post-apocalyptique fait la part belle à l'espèce humaine, comme d'habitude me direz-vous. L'extermination de l'espèce touche essentiellement les personnes dites « normales », la cause de cette pandémie de suicide est due à des radiations solaires, ce qui a conduit au doux nom de Suicides Radieux voir SR. En l'espace d'une décennie, ils ne subsistent sur terre que les Transno, c'est à dire « les fous, les artistes, les excentriques et autres psychopathes ». Ce roman évolue par le prisme de L’Angleterre et par ce personnage qu'est Matthew Greville. Ancien Publicitaire, il est le survivant de son Suicide manqué, suicide qu'il avait entrepris au volant de sa voiture sur le pont de Chelsea, dans laquelle il circulait accompagné de sa femme, Pauline. Lui a survécu mais pas elle, et Greville a été condamné pour ce geste, dans une Angleterre en pleine déliquescence, ce prisonnier immunisé par les radiations solaires se retrouvent très vite à faire le fossoyeur de ces concitoyens. D'années en années, la civilisation disparaissant, Greville ayant retrouvé la liberté préfère se retirer dans un bled loin des survivants transno afin de préserver sa tranquillité. Les villes n'étant plus du tout des lieux sûrs, y trouvant des meutes de chiens en quête de viandes fraîches aussi bien que des hordes titanesques de rats affamés. Toutefois, lors d'une excursion de ravitaillement, il rencontre et sauve Liz, sur ce même pont de Chelsea où dix années auparavant il avait perdu sa femme. Greville y voit un signe, et, commence à partir de ce moment la survie de ce couple dans une Angleterre livrée à elle-même ou plutôt aux transno... 

Cette lecture m'avait été conseillée par Xavier Mauméjean puis Lune a décidé que ce serait ma lecture défi dans le cadre « Ânes Vs Papillon ». Je suis une novice, il faut bien le dire, les classiques de la SF je ne les connais pas. Et quand bien même suis-je assez férue de lectures dites d'anticipation, je m'oriente il faut bien l'avouer sur des publications récentes. Pourquoi ? J'en sais trop rien, peur d'un décalage trop flagrant peut-être entre les époques, d'un texte vieillissant et que le coté anticipation devienne plus drôle que crédible, mais globalement je ne m'explique pas cette désaffection pour les œuvres fondatrices du genre. Et c'est d'ailleurs, de façon intentionnelle ou pas, que Lune m'aiguille vers ces classiques dans un soucis de combler un manque certain dans ma culture de lecture SF. J'avais découvert d'ailleurs grâce à elle « Barrière Mentale » de Poul Anderson. 

« Le jour des Fous » est un roman paru dans la fin des années 60, mais que l'auteur avait commencé à écrire fin des années 40. Même si ce livre n'est pas un chef d'œuvre, cela n'en rend pas sa lecture dispensable. Malgré tout il a su traversé les décennies et rester une œuvre tout à fait lisible à notre époque. Certes en faisant des survivants des transno cela a permis à Edmund Cooper des choix scénaristiques totalement ubuesques, mais finalement ça se lit très bien. Somme toute, j'ai constaté également que ces problématiques de fin du monde humain n'est pas qu'une préoccupation de notre décennie, il y a déjà un moment que les auteurs d'anticipation ont compris que la société humaine telle qu'elle est aujourd'hui court vers sa déchéance, reste à savoir quand, seul un nouveau roman de post-apo me donnera cette réponse, alors j'y retourne...


         








Retrouver la critique de Lune sur Chroniques des Ombres de Pierre Bordage : ICI

samedi 19 avril 2014

49 jours de Fabrice Colin




Je m’appelle Floryan ; j’ai dix-sept ans. Il y a quelques jours, je suis mort : un attentat dans le métro. Je me suis réveillé dans un paysage de plaines et de montagnes, somptueux, qui s’étendait à perte de vue. Un être de lumière m’a accueilli, se présentant comme un « Elohim ». Il m’a proposé un choix : soit je le suivais dans le Royaume – un paradis, selon lui, mais que je n’étais pas autorisé à voir avant de m’y rendre –, soit je plongeai dans le Nihil, un gouffre gigantesque menant vers... Vers quoi ? C’est là toute la question. Je ne sais rien du Nihil, j’ignore tout du Royaume, et j’ai quarante-neuf jours, pas un de plus, pour prendre une décision. Le problème, c’est que ce choix n’engage pas que moi...

J'ai un reproche à faire au niveau de l'édition. J'ai lu sur beaucoup de chroniques que ce roman est un jeunesse. On voit ça où ? Outre le fait d'aller sur la page web de l'éditeur, sur le livre rien ne l'indique. C'est pas la première fois que je vois ce choix de ne pas mentionner l'appartenance d'un livre au rayon jeunesse, je m'interroge sur la finalité de ce choix ? 

Le livre débute de nos jours sur Floryan adolescent de 17 ans empruntant avec ces camarades une rame de métro quand brusquement tout bascule, la rame explose, un attentat à la bombe. Rappelant tristement l'attentat saint-Michel de 1995. Une très belle entrée en matière qui pour le coup parlera davantage au plus de trente ans.
Ensuite changement de décor, Floryan se réveille dans une sorte d'Eden : L'Intermonde. De là, il fait très vite la connaissance d'un Élohim qui lui donne 49 jours pour faire un choix. Mais Floryan est attiré par un sentier qu'il emprunte dans le but de se donner un peu le temps de la réflexion. Là il est surpris de rencontrer quelqu'un et de constater que finalement un autre choix est possible. Après son intégration dans cette communauté des Égarés vient son apprentissage notamment voler avec un Altar. Là indubitablement j'ai pensé à Avatar, si bien que mon imaginaire concernant l'intermonde c'est calqué malgré moi sur celui de Pandora. Floryan découvre alors la plongée dans les brumes du Nihil qui permette de voyager dans le temps, dans le passé mais surtout le futur, chose que les Egarés toutefois interdisent. Mais Floryan se sent obliger d'aller vérifier comment sa mort est vécu par ses proches. Et il se retrouve à braver maintes fois les interdits, il est attiré par le futur où il fait une macabres découverte qui l’emmènera toujours plus loin et plus durablement dans les affres du futur.

Elle parle de ma mère dans le regard de son père. Elle parle de ma mère comme d'une fleur dans un champs de boue, d'une fleur qui s’obstine à être une fleur, et qui exalte des parfums de paradis au milieu des effluves d'une usine trop proche. Cette usine, explique-t-elle avec sourire, nous la connaissons tous, elle fonctionne à plein régime: C'est la fabrique du malheur. 

Un début prometteur qui happe de suite le lecteur, la suite dans l'intermonde avec notamment l’apprentissage m'a quelque peu ennuyé mais sans non plus gâcher le plaisir de lecture. Le récit étant servi avec une plume simple, fluide et extrêmement immersive. Le coté voyage dans le temps est très ludique et on comprend très vite que le futur est plus digne d’intérêt, même si l'envie de revoir se jouer certaines scènes de l'histoire est intéressante, c'est souvent l'inconnue qui attire comme le prouve l'aventure de Floryan au travers de son épopée dans un futur qui se révélera, je peux le dire sans dénaturer l'intrigue, post-apocalyptique. Ainsi Fabrice Colin surfent avec les genres avec habilité sans aucunement faire souffrir son texte. On se délectera de ce mélange des genres qui prouvent s'il en est que les frontières entre Fantasy, Fantastique et SF sont minces. 


       






samedi 12 avril 2014

Qui a peur de la mort ? de Nnedi Okorafor


Afrique, après l’apocalypse.

Le monde a changé de bien des façons, mais il est une région où les génocides intertribaux continuent d’ensanglanter la terre. Une femme survit à l’anéantissement de son village et au viol commis par un général ennemi.
Elle erre dans le désert dans l’espoir d’y mourir, mais donne naissance à une petite fille dont la peau et les cheveux ont la couleur du sable. Persuadée que son enfant est différente, extraordinaire, elle la nomme « Onyesonwu », ce qui signifie, dans une langue ancienne : « Qui a peur de la mort ? »
À mesure qu’Onye grandit, elle comprend peu à peu qu’elle porte les stigmates physiques et sociaux de sa violente conception.
Des pouvoirs magiques aussi insolites que remarquables commencent à se manifester chez elle alors qu’elle est encore enfant. Sa destinée mystique et sa nature rebelle la poussent à quitter son foyer pour se lancer dans un voyage qui la forcera à affronter sa nature, la tradition, l’histoire, l’amour, les mystères spirituels de sa culture, et à apprendre enfin pourquoi elle a reçu le nom qu’elle porte.




Onyesonwu, voilà le nom de l'héroïne de ce roman hors norme. Onye nous raconte son histoire, ses origines dans une Afrique dévastée par un cataclysme. Malheureusement, ce bouleversement n'a pas emporté avec lui les conflits qui animaient certaines tribus. Onye est née de cette guerre, née de la violence, née d'un viol, cette ignoble arme de guerre. Onye est née métisse, qui pour nous reste un mot charmant souvent synonyme de symbiose de culture et de beauté, mais pour Onye rien que sa vue est une agression, elle incarne cette violence entre Nuru et Okeke, ces enfants issus de ce métissage qui sont appelé Ewu. Elle porte les stigmates de ce mélange infâme. Pour la tribu des Okekes dont sa mère est native, Onye renvoie une image de violence, révèle ces conditions de conception et enfin pour cette ethnie, les enfants du viol renferment forcement des êtres violents et maléfiques. Rien de bon ne peut donc venir des Nurus, tribu violente et asservissante. 

« Selon ma mère, tout était écrit d'avance. Pour elle, tout avait une raison, depuis les massacres de l'Ouest jusqu'à l'amour  qu'elle trouva à l'Est. Mais l'esprit qui dirige tout cela, que j'appelle Destin, est froid et impitoyable. Si glacialement logique que s'incliner devant lui n'a rien de glorieux. Le destin est immuable, comme un fragile cristal dans le noir. Pourtant, quand il m'a apporté Mwita, je me suis incliné devant lui et l'ai remercié. »
Onyesonwu grandit à Jwarhir, village okeke, où sa mère a fini par s'installer après une longue retraite dans le désert. Sa mère a finalement réussi à refaire sa vie et épousé un okeke, qui les a accepté toutes les deux en dépit de tous les on-dits. Onye grandit et sent en elle un pouvoir qu'elle aimerait mieux maîtriser, là encore elle va devoir se montrer d'une ténacité hors-pair pour qu'enfin on lui enseigne, à elle cette Ewu et femme qui plus est. Confronté à des codes et des traditions qu'elles ne connaît pas et qu'elle refuse d'approuver, elle se heurte très souvent à un certain mutisme dont elle ne saisit pas toujours la portée. Onyesonwu, elle veut venger sa mère et retrouver son père biologique qui se trouve être une menace pour elle. Elle a une vision très manichéenne des Okekes et des Nurus que Mwita, son compagnon, enfant Ewu également va lui apprendre à nuancer. 

Le livre m'a fait vivre des moments très forts, viols, excisions, femmes bafoués par les traditions. Le coté mystique qui rappelle plus la fantasy du livre, m'a quelque peu échappé mais finalement je crois que cette magie, ce coté sorcellerie est une part du livre nécessaire, essentielle même dans cette histoire qui nous plonge dans la culture de Onyesonwu. Un livre à découvrir au travers la très forte personnalité d'Onyesonwu mais qui n'occulte pas, au contraire, les personnages secondaires. 

         






Lecture commune avec : Tigger Lilly, Julien et Euphémia.

A lire également, les avis de Gromovar, Efelle et Lorhkan.


mercredi 9 avril 2014

Chroniques des Ombres de Pierre Bordage




Après la guerre nucléaire, une pollution mortifère a confiné la partie privilégiée de la population mondiale dans des mégapoles équipées de filtres purificateurs d'air. La plupart des capitales sont désormais regroupées en Cités Unifiées. NyLoPa, la plus importante et stable des CU, réunit New York, Londres et Paris et compte 114 millions d'habitants. Les citoyens sont équipés d'une puce d'identité et la sécurité est assurée par une armée suréquipée qui fait office de police, les fouineurs, sorte de super détectives, un corps spécial composé d'individus sélectionnés pour leurs capacités analytiques.
Dans ce monde en survie à l'équilibre plus que précaire, des centaines de meurtres sont soudain perpétrés, dans toutes les villes et en quelques minutes, par d'invisibles assassins. On soupçonne une secte d'en être à l'origine, mais l'enquête menée par les fouineurs va les plonger dans un enchevêtrement de complots et de luttes de pouvoir, tandis que les Ombres continuent de frapper de plus belle.
Remontant la piste, les fouineurs vont être entraînés hors des cités, dans le 'pays vague', à l'extérieur du monde civilisé, le lieu inconnu de tous les dangers... 

Je le confesse, c'est la première fois que je lis un roman de Pierre Bordage. Je n'ai pas grand chose à dire quant à l'écriture. Une plume immersive et dynamique, que l'on doit beaucoup au fait que ce roman est d'abord paru en plusieurs épisodes. Ce qu'explique Ici Pierre Bordage lors d'une interview de Jérome Vincent pour ActuSF.

« L'homme ordinaire est un ange déchu, la graine du mal semée par le diable. De l'homme ordinaire, la Terre n'a rien de bon à attendre. il est donc necessaire, pour le bien de la Terre, du système solaire, de toute la galaxie, d'arracher cette ivraie qu'on appelle l'homme avant qu'elle n'ait envahi tout l'univers. La fin des Temps »

Pour la genèse de ce livre je vous conseille d'ailleurs de vous informer sur la page Wikipédia qui lui est dédiée. Bref sur la forme, rien à dire, la lecture s'avère même être addictive ce qui est presque fondamentale pour ce pavé de 750 pages qui se lit donc avec une grande facilité. Autre point forts du livre, le choix de narration alternée entre les deux groupes de protagonistes à savoir les membres de la cités Unifiés NyLoPa et les Horcites. Cette double narration donne effectivement l'impression que les personnages n'évoluent pas du tout dans le même univers. De plus, le microcosme citadin comme horcite est riche et suffisamment développé pour donner une cohérence au roman et donner un background tel que je les aime, total apocalyptique ! Pas vraiment de grande innovations, ce n'est d'ailleurs pas un reproche, c'est le fonds de commerce des post-apo, et je suis la première en m'en délecter = catastrophe nucléaire + contamination + les sociétés humaines qui vont à vau l'eau. 

« Pire que la plus féroce des bêtes sauvages est l'homme qui, sous couvert de la religion, exhorte les imbéciles à massacrer, torturer ou exploiter leurs frères humains. Proverbe horcite de la région de Tchon »

Après je me suis heurtée un peu sur le reste, sur la trame type thriller cyberpunk, où on nous lâche des infos par le biais des Fouineurs sur les meurtres perpétrés qui incomberaient aux Ombres. Je suis restée dubitative sur leur mort, ils meurent de quoi ? Comment ? Les Fouineurs n'ont pas l'air de s'en préoccuper plus que ça, l'enquête s'élargit surtout au niveau géographique. La puce cérébrale dont sont dotés les Fouineurs sert essentiellement pour l'analyse des données et des réactions pendant les interrogatoires et recueil de témoignages, mais les corps des victimes ils n'en font jamais mention, curieusement. Pourtant pour le lecteur l'enquête est une évidence, on comprend très vite qui sont les responsables, et d'où vient cette menace qui produit des morts massives.


« Si l'agneau se change parfois en lion, jamais le lion ne se change en agneau. Le faible peut devenir fort, le fort ne s'abaisse jamais à devenir faible. Si un lion te parait doux comme un agneau, sache qu'il ne s'agit que d'une ruse. Proverbe horcite de l'agglomération de vilbann »

Après loin de moi de dire que c'est un mauvais roman, j'y ai trouvé mon bonheur à la lecture mais je dois dire tout de même qu'à mon humble avis, cette lecture était dispensable. Par contre, l'écriture de Pierre Bordage m'a beaucoup plu et je n'en resterai pas là.


            

mardi 1 avril 2014

[ Far North ] Au nord du monde de Marcel Theroux



Au nord du monde était ma proposition de lecture sur le Cercle d'Atuan pour le mois de Mars 2014. Et j'étais vraiment contente que le livre soit choisi et également autant suivi . Il n'aurait pas été « élu », je l'aurai, tout de même lu ce mois ci, parce que vraiment ce livre m'attirait comme un aimant, je ne saurais dire pourquoi ...






Ici, dix mois par an, le climat mord la peau. Le silence règne, désormais. La ville est plus vide que le paradis.»
Au nord du monde, la terre s’étend à perte de vue, anéantie par un cataclysme. Parmi les décombres, le shérif Makepeace erre. La route porte ses pas, à la recherche d’un temps qui n’existe plus et d’une humanité à reconstruire. Ravivant à l’horizon la lueur d’une rédemption…
Un roman visionnaire et obsédant sur la beauté du monde et sa fragilité. 


Dans ce roman nous découvrons Makepiece, rien que le nom laisse songeur, shérif de son état, celui-ci continue à faire des rondes dans son village Natal, Evageline. Village de quakers, installés depuis à peine une génération par choix d'une vie simple, épurée, loin des grosses villes et de leur technologie. Les Parents de Makepiece ont fait ce choix et se sont donc établis en Sibérie, quittant leurs Amériques. Seulement, Makepiece patrouille dans une ville fantôme, seule âme encore vivante de ce désert glacé, il y a eu visiblement un bouleversement, de quel ordre, nous n'en savons guère plus...
« Chaque fois que je montais en selle dans la cour et que je sortais, j'estimais que tous ceux que je croisais avaient, d'une façon ou d'une autre, l'intention de me tuer ou de me voler. Mais je ne pouvais pas vivre comme ça sous mon toit. J'ai décidé de faire confiance à Ping, pas parce que j'avais un bon instinct à son sujet - je ne le connaissais ni de Ping ni de Pong – mais parce que je ne pouvais vivre autrement. »

Et c'est avec ce personnage, qui se dévoile peu à peu, fragment par fragment dans cet environnement hostile qu'est la Sibérie que se plante le décor de ce roman. Où les conditions de survie dans un monde sont telles que l'Homme confronté à ce bouleversement, fera le choix comme beaucoup de se ranger dans ces pires retranchements où l'exploitation humaines est monnaie courante, où la confiance en son congénère n'est plus qu'un rêve éphémère. C'est donc dans les pas de Makepeace que nous suivons ses aventures, ses déboires passant du fatalisme, comme à la combativité. Un personnage doté d'une extrême pudeur, où les émotions nous pénètrent immanquablement. 


« Il ne pensait pas à mal, mais c'était quand même un peu vexant. Je suis susceptible pour ces choses-là. J'ai des manières frustes. J'ai déjà agi avec brutalité. Mon ignorance m'inspire de la honte, comme le gouffre entre moi et mes parents. 

Il est très difficile de s'étendre d'avantage sur ce livre, un roman magnifique qui s'est vu doté d'un excellent travail de traduction. Je me réjouie vraiment que ce livre est fait l'objet d'une lecture commune et donc d'échange entre lecteurs, tant le livre est riche d'autant plus qu'il se révèle très complexe à chroniquer tant il est important de préserver le futur lectorat, il serait vraiment dommage d'un dire plus. 





Je finirais avec un extrait de la postface brillamment écrite par Haruki Murakali :

 « Nous savons déjà que les événements décrits ne relèvent pas d'un simple postulat fictionnel, mais sont le reflet d'une réalité qu'il nous est impossible de ne pas regarder en face, ou d'une autre chose subordonnée à la réalité. Ce que nous découvrons en lisant une histoire est assurément une émotion partagée, fût-elle douloureuse. En l’occurrence, nous trouvons dans ce récit un canal fiévreux, large, pulsant et torturé... »

La chronique Jae-louVert, LorhkanLune, Rose, Nathalie et celle de Gromovar

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