lundi 21 avril 2014

Le jour des Fous de Edmund Cooper

Magnifique couverture signé Eric Scala

Rappelez-vous l'été 1971. Un temps magnifique, une chaleur idyllique. Presque le paradis, n'étaient-ce ces nouvelles taches solaires apparues sur l'astre du jour, alors même que le taux de suicide augmentait de manière inquiétante un peu partout. Et le merveilleux été s'est poursuivi une décennie entière, durant laquelle le Suicide Radieux a atteint des proportions gigantesques de par le monde, menaçant jusqu'à la survie de la race humaine. Seuls les fous, les artistes, les excentriques et autres psychopathes ont échappé à l'épidémie ; au point, bientôt de constituer une nouvelle - la seule - normalité. Une normalité à laquelle Matthew Greville, survivant malgré lui dans ce monde devenu fou, espère encore prétendre... 

Ce roman post-apocalyptique fait la part belle à l'espèce humaine, comme d'habitude me direz-vous. L'extermination de l'espèce touche essentiellement les personnes dites « normales », la cause de cette pandémie de suicide est due à des radiations solaires, ce qui a conduit au doux nom de Suicides Radieux voir SR. En l'espace d'une décennie, ils ne subsistent sur terre que les Transno, c'est à dire « les fous, les artistes, les excentriques et autres psychopathes ». Ce roman évolue par le prisme de L’Angleterre et par ce personnage qu'est Matthew Greville. Ancien Publicitaire, il est le survivant de son Suicide manqué, suicide qu'il avait entrepris au volant de sa voiture sur le pont de Chelsea, dans laquelle il circulait accompagné de sa femme, Pauline. Lui a survécu mais pas elle, et Greville a été condamné pour ce geste, dans une Angleterre en pleine déliquescence, ce prisonnier immunisé par les radiations solaires se retrouvent très vite à faire le fossoyeur de ces concitoyens. D'années en années, la civilisation disparaissant, Greville ayant retrouvé la liberté préfère se retirer dans un bled loin des survivants transno afin de préserver sa tranquillité. Les villes n'étant plus du tout des lieux sûrs, y trouvant des meutes de chiens en quête de viandes fraîches aussi bien que des hordes titanesques de rats affamés. Toutefois, lors d'une excursion de ravitaillement, il rencontre et sauve Liz, sur ce même pont de Chelsea où dix années auparavant il avait perdu sa femme. Greville y voit un signe, et, commence à partir de ce moment la survie de ce couple dans une Angleterre livrée à elle-même ou plutôt aux transno... 

Cette lecture m'avait été conseillée par Xavier Mauméjean puis Lune a décidé que ce serait ma lecture défi dans le cadre « Ânes Vs Papillon ». Je suis une novice, il faut bien le dire, les classiques de la SF je ne les connais pas. Et quand bien même suis-je assez férue de lectures dites d'anticipation, je m'oriente il faut bien l'avouer sur des publications récentes. Pourquoi ? J'en sais trop rien, peur d'un décalage trop flagrant peut-être entre les époques, d'un texte vieillissant et que le coté anticipation devienne plus drôle que crédible, mais globalement je ne m'explique pas cette désaffection pour les œuvres fondatrices du genre. Et c'est d'ailleurs, de façon intentionnelle ou pas, que Lune m'aiguille vers ces classiques dans un soucis de combler un manque certain dans ma culture de lecture SF. J'avais découvert d'ailleurs grâce à elle « Barrière Mentale » de Poul Anderson. 

« Le jour des Fous » est un roman paru dans la fin des années 60, mais que l'auteur avait commencé à écrire fin des années 40. Même si ce livre n'est pas un chef d'œuvre, cela n'en rend pas sa lecture dispensable. Malgré tout il a su traversé les décennies et rester une œuvre tout à fait lisible à notre époque. Certes en faisant des survivants des transno cela a permis à Edmund Cooper des choix scénaristiques totalement ubuesques, mais finalement ça se lit très bien. Somme toute, j'ai constaté également que ces problématiques de fin du monde humain n'est pas qu'une préoccupation de notre décennie, il y a déjà un moment que les auteurs d'anticipation ont compris que la société humaine telle qu'elle est aujourd'hui court vers sa déchéance, reste à savoir quand, seul un nouveau roman de post-apo me donnera cette réponse, alors j'y retourne...


         








Retrouver la critique de Lune sur Chroniques des Ombres de Pierre Bordage : ICI

1 commentaire:

  1. Intéressant, ce concept de suicide provoqué par la Nature !

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